HAWTHORN John Michael

Hawthorn j mHawthorn j m 1

En 1956, camera embarqué sur le circuit du Mans avec Hawthorn

A savoir que c'est avant le course et que la route est ouverte à la circulation 

L'accident de Mike Hawthorn par https://retromotiv.com

Le récit est placé de la vue de la Jaguar de M. Howthorn 

Hawthorn 2

C’est en septembre 1957 que je sors des usines de Browns Lane à Coventry avec le numéro de châssis n°S970806DN, la 806e Jaguar 3,4 litres produite en conduite à droite. Jusque là, rien ne me destinait à devenir une légende. Le nom de mon modèle a évolué avec le temps. Mes semblables et moi-même furent appelées mk1 le jour où nos petites sœurs, les mk2, nous remplacèrent au catalogue Jaguar. Je n’ai reçu aucune option spécifique, pas même des roues à rayons. Je suis de couleur British Racing Green, comme beaucoup d’autres et mon intérieur a été revêtu de velours vert.

Pourtant, le 3 octobre 1957, le hasard a voulu que Lofty England, directeur de course chez Jaguar, décide de me garder dans le giron de la marque. Je fus immatriculée VDU881 et confiée à Mike Hawthorn, alors qu’il n’était pas pilote officiel chez Jaguar mais membre de la Scuderia Ferrari avec laquelle, un an après m’avoir réceptionnée, il vient de remporter son titre de Champion du Monde de Formule 1. L’idée était celle-ci : lorsque les gens verraient ce grand pilote à mon volant, ils auraient envie d’acheter une 3,4 litres eux aussi.

... / ... Alors qu’à l’horizon se profile l’intersection avec l’A3 contournant Guildford, j’aperçois une silhouette familière, à mesure que nous approchons. C’est bien une Mercedes qui se trouve devant nous. Et pas n’importe laquelle ! Une 300SL en version roadster. La pluie vient de cesser. Le sang de Mike ne fait qu’un tour. Il m’élance en direction de la belle allemande au moment où elle s’arrête à l’intersection entre l’A31 et l’A3.

La 300SL redémarre et prend la direction de Londres. Mike met le pied au plancher afin de la doubler et de me placer à son niveau. Le conducteur de la voiture allemande n’est autre que Rob Walker. Les deux hommes se reconnaissent et se saluent d’un signe de la main. Ressentant la véhémence de mon pilote cramponné à mon volant, je comprends, alors, que nous allons nous lancer dans une course. Mike commence à me pousser dans les tours et, rapidement, je dépasse ma rivale. Normal me direz-vous, j’ai été préparée dans ce but. Mike ne cesse d’accélérer alors que nous entrons dans le grand esse de la rocade de Guildford. La première courbe à droite est bien négociée. Nous passons en trombe devant le garage de John Coombs où Arthur Hill, un client du Garage, estime ma vitesse à 130 km/h environ. Alors que s’annonce le virage à droite, mes pneus arrières perdent soudain de l’adhérence sur cette route mouillée. Je prends de l’angle. Assez peu, au début, pas plus de 5° et j’attends que Mike corrige… Il est habitué à ce genre de situation! Je le sens se débattre avec les commandes… pourtant, rien ne se passe. Je sens que je prends de la vitesse, en glissade sur cette route détrempée. Je continue, irrémédiablement, à partir en tête à queue et dès lors, Mike ne contrôle plus rien. La route à deux voies est séparée, à intervalles réguliers, par des îlots centraux parsemés de bornes et de lampadaires. Je percute une de ces bornes et poursuis ma dérive infernale. Sur l’autre voie, un camion surgit face à moi. J’ai juste le temps d’apercevoir l’air effaré du chauffeur alors qu’il écrase l’accélérateur de son Bedford, espérant nous voir passer derrière lui. Peine perdue… je percute de plein fouet son aile arrière. Alors que je sens le choc m’arracher des pièces de carrosserie, l’élan procuré continue de me faire tourner sur moi-même. Mon dérapage incontrôlé se poursuit vers la bordure de la route, un léger talus, puis un arbre contre lequel je viens littéralement m’enrouler, le déracinant dans une grande gerbe de boue. Je distingue la 300SL cabriolet qui se gare à ma hauteur. Rob Walker en descend, affolé. Le camion sur lequel j’avais rebondi quelques secondes auparavant, coupe son moteur un peu plus loin. Son chauffeur, Frederick Rice, est hagard. ... / ...

Quasiment coupée en deux, la belle anglaise que j’étais ne se résume à présent qu’en un tas de débris. Mike a été projeté sur ma banquette arrière et je constate, impuissante, l’agonie de mon compagnon de route. Le Dr A.J Batson, qui faisait le plein d’essence à la stations service du Garage Coombs, se rend immédiatement sur les lieux. Il confirmera la mort de Mike Hawthorn, l’homme au nœud papillon. Son ami, Duncan Hamilton, prévenu de l’accident, arrive rapidement sur les lieux. Il aide les policiers à le désincarcérer et procèdera, par la suite, à son identification à la morgue de Guildford. Quant à moi, un camion-plateau du Garage Coombs viendra chercher ma carcasse. Le lendemain, mon accident fera les gros titres de la Presse. Dans un premier temps, Rob Walker ne reconnaitra pas avoir fait la course avec Mike ce jour-là. Il faudra attendre 1988 pour qu’il dise enfin la vérité.

HawthortHawthorn

le récit complet voir Ici : https://retromotiv.com/2016/04/29/mike_hawthorn_vdu881__fin_tragique_grand_pilote/

 

 

 

Date de dernière mise à jour : Mar 06 fév 2018